Ca y est. L’Amour
est arrivé. L’Homme s’est prononcé au moment où les survivants de l’hiver
remplaçaient le cachemire par des frocs un peu plus légers. Car le printemps
est également là: on réfléchit les doses et les volumes, pour que les sourires
remplissent pleinement le champ de la séduction. Il serait malin de discuter cet
abrupt échauffement dans nos alentours, mais on n’a pas vraiment envie. Plus
tard, promis.

Plus pertinent,
ce début du mois d’avril, est de se casser la tête avec le vin qu’on amènera au
premier rendez-vous. Un vin de la saison, un rosé ? Ce philosophe, ce
barde, ce fanatique de jazz, se laisserait il convertir vers le brosé* ?

Rien à perdre,
c’est parti. Le Akakies de Kir Yianni (xinomavro !) rafraîchi, dans le
panier du vélo, en espérant que la température légèrement élevée ni ses propres
mains tremblantes ni les papillons dans le ventre ne tuent la fraîcheur de la
bouteille. L’Homme qui se dit pas connaisseur, découvre fruits croquants,
réglisse, cannelle et acidité. Il goûte, sourit et affirme.

Avec son rire, il
fait sourire le monde entier. Son appréciation du vin me convainc. Dans deux
jours, on discutera ce fameux changement climatique.

*Mot ridicule
pour les rosé bu par les brothers